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Alors qu’en Métropole la Toussaint est un événement triste et douloureux, aux Antilles, c’est une période de fête et de rassemblement. A cette occasion, les cimetières se remplissent de monde et s’illuminent pour évoquer la mémoire des défunts. C’est un spectacle à la fois surprenant et féerique, quasi irréel.
La mort est au centre des pratiques culturelles qui caractérisent un peuple. Les antillais ont un rapport particulier avec leurs défunts où la douleur de la séparation de l’être aimé laisse rapidement place à l’évocation joyeuse de la vie du disparu. En effet, les veillées funèbres sont l’occasion d’un large rassemblement de la famille, des amis et connaissances du mort où, si dans la chambre funèbre on pleure le mort, sur la terrasse l’on se doit de relater une anecdote marquante et amusante illustrant le caractère du défunt comme pour le faire mieux revivre dans les esprits des participants de l’assemblée. Ils évoquent les souvenirs heureux comme pour conjurer la mort qui rôde par l’affirmation de la joie de vivre. Parfois, certains vont jusqu’à chanter les mérites du disparu sur les airs traditionnels du Ka, accompagnés par les tambours. Le café et les boissons abreuvent l’assemblée et l’ambiance n’a vite plus rien de comparable aux ambiances pesantes des veillées de métropole.
A la période de la Toussaint, il en va un peu de même. Les familles se retrouvent au cimetière, nettoient, repeignent, entretiennent et bien sur, comme en métropole, fleurissent les tombes de leurs disparus. Puis, à la nuit tombée, les sépultures se couvrent littéralement de nombreuses bougies rouges et blanches. Le spectacle de ces cimetières ainsi éclairés d’innombrables bougies est absolument féerique. Le cimetière de Morne à l’eau, en Guadeloupe, déjà surprenant du fait de ses tombes aux carreaux noirs et blancs, est un des plus beaux à admirer à cette occasion car il s’étage, comme un théâtre, en arc de cercle à flanc de morne.
Dans les travées, les gens se saluent, s’apostrophent et discutent par petits groupes. On évoque autant les morts que l’on s’enquière des vivants. L’ambiance n’est pas à la morosité et les nombreux vendeurs ambulants profitent de cette ambiance festive pour proposer les traditionnels pistaches, snowballs, bokits et sorbets coco aux visiteurs du soir.
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